(30) " Calamity Jane " 1967 - prépublication dans "Spirou" (1437-1458) en 1965-66

Pour la première fois, une femme est le personnage principal d'un album, à égalité avec Lucky Luke. Les auteurs s'inspirent de Martha Jane Canary, personnage réel de l'histoire du Far West (1850-1903) déjà évoquée dans " Hors la loi " et dans " Lucky Luke contre Joss Jamon ", preuve que cette idée traînait depuis longtemps dans les cartons des deux auteurs.
Mais nous sommes loin de l'érotisme suggéré de la période Dargaud, car les auteurs ne prêtent pas à Calamity Jane, les attributs habituellement réservées aux femmes dans les westerns cinématographiques. Elle est une virago, plus masculine dans ses manières que bien des cow boys. Elle chique et boit du whisky. Lucky Luke joue auprès d'elle un rôle de chaperon, chargé de la ramener à une vie plus conforme aux règles sociales.

Comme dans " La caravane " pour Ugly Barrow, la vulgarité de ses propos est symbolisée par une série de pictogrammes, propres à exciter l'imagination des lecteurs. Cette personnalité hors norme est bien sûr la base de cet album même si coexiste une histoire de trafic d'armes avec les indiens (C'est d'ailleurs le bureau des affaires indiennes qui envoie LL dans cette histoire).

La confrontation entre Calamity Jane et les dames patronesses de la ville ne manque pas de sel, tout comme l'intervention du professeur de maintien. Mais le morceau de bravoure reste le fameux bras de fer. A noter que le personnage de Calamity Jane sera repris en 1992 dans " La chasse aux Fantômes ", une des rares bons albums de l'après goscinnisme.

René Goscinny s'est peut-être inspiré du film "La blonde de l'Ouest" ("Calamity Jane"), sorti en 1953 de David Butler avec Doris Day.

Le running gag : les gâteaux .

La réplique : " Termite ? Non, colt. "

Caricature : David Niven (acteur anglais, 1910-1983)

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